Beauté & Bien-être

Votre corps pourrait bien tirer des bienfaits du couvre-feu à 18 heures

Depuis le 16 janvier, date du début du couvre-feu national à 18 heures, beaucoup redoutent les conséquences de cette nouvelle routine boulot, dodo (sans apéro), au point de se sentir déjà floués par ce grignotage de liberté. Seulement les deux confinements que nous avons connus ont prouvé que l’on pouvait tirer du positif de ces mesures inédites. Oui, il existe bel et bien des avantages à cette fin de journée prématurée, surtout en hiver.

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Dîner tôt pour réguler sa tension et son poids

Premier avantage non négligeable, pour certains salariés : la journée de travail se termine tôt. Et là où beaucoup se plaignaient auparavant de manquer de temps à la maison, c’est le moment de le réinvestir. À commencer par celui du repas. Toutes les conditions sont réunies pour l’avancer à 19 heures, voire 18 heures si l’on a (très) faim. Pris suffisamment tôt et de façon équilibrée, il améliorerait même notre santé selon Sylvie Royant-Parola, médecin spécialiste du sommeil et présidente du Réseau Morphée. «Un nombre croissant d’études scientifiques démontrent qu’un repas pris avant 20 heures serait bénéfique pour le diabète, la régulation de la tension et le sommeil», rapporte-t-elle.

Dîner tôt permettrait également – dans une moindre mesure – de contrôler son poids, comme l’explique Philippe Pouillart, enseignant-chercheur en pratique culinaire et santé à l’Institut polytechnique UniLaSalle. On appelle cela le jeûne nocturne, un concept proche du jeûne intermittent. «Lorsque l’organisme est privé de nourriture pendant plus de 11 heures, le niveau d’insuline, capital dans le métabolisme des glucides et des lipides, baisse dans le sang, détaille le spécialiste. En parallèle, la sécrétion de l’hormone de croissance augmente et se traduit par une libération des acides gras dans la circulation sanguine, d’où une perte de la masse graisseuse.» «De façon générale, plus on mange tôt et plus on éloigne le repas du sommeil. Meilleure sera donc la digestion et on aura moins tendance à stocker les graisses et les glucides», résume Sylvie Royant-Parola.

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Réguler ses besoins en sommeil

Si le repas a été léger, on pourra ensuite aller se coucher dans les deux heures, informe le chronobiologiste Damien Davenne, professeur et directeur de l’unité Comète à l’Inserm Unicaen. Autrement dit vers 20 heures, 21 heures. À condition de ressentir les signes annonciateurs du sommeil : sensation de froid ou de piquer du nez devant un livre ou un film. «Se coucher tôt offre plus de sommeil, surtout celui du début de nuit qui est considéré comme le plus réparateur, le plus efficace en terme de bien-être», observe le spécialiste.

Il faut dire que l’hiver nous pompe davantage d’énergie que l’été et nous fatigue, notamment en raison de la baisse de la lumière naturelle. «La lumière du soleil permet de synchroniser notre horloge biologique et d’équilibrer nos rythmes veille/ sommeil, précise la médecin du sommeil Sylvie Royant-Parola. Actuellement, il fait nuit plus tôt et le jour pointe le bout de son nez plus tard. Si on respecte ce rythme d’éclairement en allant se coucher tôt, il s’en suivra une meilleure régulation du sommeil.» «Ce couvre-feu est favorable à l’hibernation dont nous avons besoin en cette période de l’année, renchérit Damien Davenne. L’idéal est de dormir deux heures en plus, soit 9 heures au total». Selon lui, le calendrier optimal d’un dormeur moyen fixerait un dîner à 19 heures et un coucher vers 22 heures, au plus tard 23 heures.

Se réveiller naturellement et apaiser son stress

Pour que cette expérience soit optimale, la médecin du sommeil Sylvie Royant-Parola recommande de s’écouter. Ainsi en allant vous coucher en même temps que le soleil, il y a de fortes chances pour que vous émergiez avant votre réveil-matin le lendemain. Ne vous rendormez pas, conseille la présidente du réseau Morphée. «Si le sommeil occupe trop d’espace, des trous vont progressivement apparaître pendant les nuits suivantes et vous allez mal dormir», indique-t-elle.

Le bon réflexe serait au contraire de profiter de ce lever matinal et d’instaurer des rituels relaxants avant d’aller au travail. «Ceux qui se lèvent tard ont tendance à sauter du lit et à plonger rapidement dans une situation de stress assez violente, note la médecin du sommeil. En se réveillant vingt minutes ou une heure plus tôt, on profite de ce temps de transition pour faire des activités destinées à apaiser la pression de la journée qui nous attend : un jogging, une séance de musculation, de la méditation ou tout simplement prendre le temps de petit-déjeuner».

Recharger la mélatonine en faisant du sport

Si l’activité sportive participe à cette diminution de l’anxiété, elle serait d’autant plus efficace à la lumière du jour et favoriserait l’amélioration de la qualité du sommeil d’après Sylvie Royant-Parola. «La lumière libère la mélatonine (hormone du sommeil, NDLR) et la nuit favorise sa sécrétion, plus cette exposition est importante mieux elle participe à la synchronisation de notre horloge interne», détaille-t-elle en plébiscitant une demi-heure minimum de marche en extérieur quotidienne.

Encore faut-il trouver le bon créneau horaire avec ce couvre-feu. «Les télétravailleurs peuvent s’exposer à partir de 9/10 heures ou pour les autres, entre 12 et 14 heures car c’est le moment où la luminosité est la plus importante», informe la médecin du sommeil. Autre solution, entre 16 et 18 heures. «Les études en chronobiologie ont montré qu’une activité physique de type endurance, pratiquée en fin d’après-midi à la lumière du jour, permettrait de mieux dormir ensuite», ajoute le chronobiologiste Damien Davenne. À vos baskets !

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