Beauté & Bien-être

Prendre soin de ses bactéries pour avoir une belle peau

Vous câlinez votre deuxième cerveau (l’intestin), mais le troisième, vous y pensez ? C’est votre peau qui tchatte en permanence avec les deux autres, le big boss d’en haut et son collègue d’en bas. «Elle aussi est un hôtel 5 étoiles pour les 300 ou 400 familles de bactéries et micro-organismes qui la colonisent», comme le rappellent Alain Géloën (directeur de recherches au CNRS) et Alexandra Raillan dans leur livre Le Microbiote cutané (First Éditions). Des milliards de résidents, permanents ou de passage, qui travaillent en bonne intelligence pourvu qu’on les laisse en paix. «Nous avons plus de bactéries que de cellules, confirme Cyrille Telinge, créateur de Novexpert. Elles sont partout, à la surface de la peau, mais aussi dans les glandes sébacées et sudoripares, les follicules pileux, voire le derme et l’hypoderme qu’on pensait stériles. On en a même dans l’œil. Grâce à l’évolution des techniques de séquençage et de la génomique, l’étude du microbiote cutané a fait un bond en avant, et la recherche n’en est qu’au début du début.»

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La flore de l’âge

On sait aujourd’hui que le microbiote intestinal agit sur la qualité de la peau. Le fruit de nos entrailles devient même le graal de la recherche antivieillissement. On pourrait ainsi déterminer l’âge d’une personne en examinant son microbiote intestinal. Il existerait des similitudes entre celui des centenaires en bonne santé et celui des trentenaires. Jeune dedans, ça se voit dehors. De même, quand le ventre a des soucis, la peau aussi. L’état du microbiote intestinal a des répercussions directes sur l’acné, la dermatite atopique, l’eczéma, le psoriasis…

On a également appris à quel point le stress pouvait avoir un effet sur la fonction barrière de la peau. Moins étanche, elle se protège moins bien, se déshydrate plus vite, résiste moins bien aux UV. Pour se défendre, elle a bien sûr son propre système immunitaire, mais avec la pollution, les UV, nos mauvaises habitudes alimentaires et cosmétiques, il n’est pas toujours au top.

Protéger les bactéries

Dans l’histoire, les bactéries jouent un rôle majeur. Longtemps mal vues, elles sont, en quelques années, devenues les stars de notre écosystème cutané. Elles font le job : pour nous protéger des intrus, réguler la température, synthétiser les hormones, alerter nos sens, retenir l’eau, réduire l’inflammation… En plus, elles sont signées : «Chaque personne a sa carte d’identité microbiotique, qui se fixe à l’âge de trois ans, encore plus précise que l’ADN», explique Cyrille Telinge. Même les jumeaux n’ont pas la même. Une révolution cosmétique en cours ?

Reste que toute cette population invisible est fragile, il faut la préserver. D’abord en respectant son pH (potentiel hydrogène) légèrement acide – en moyenne 4,8 pour une peau normale. Or, la plupart des gels douche et savons sont plutôt alcalins avec un pH autour de 10, y compris le savon de Marseille. Mieux vaut utiliser un produit au pH neutre ou des huiles de douche. Ensuite, on nettoie, mais pas trop. Un bon démaquillage le soir et le matin, et une pulvérisation d’eau florale ou thermale suffisent. On évite le layering (n’en déplaise aux Coréennes et au marketing) et on se met à l’huile. Plus la formule contient d’eau, plus il faut de conservateurs killers de microbes. Il est donc préférable d’intégrer dans nos routines des huiles, des textures sans eau et d’acheter le plus possible de tubes, de flacons airless.

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