Déco & Design

À Design Miami, Fendi toujours à l’avant-garde

«Le jeu, après tout, est de suivre son époque. D’être sans arrêt en réinvention», affirme Serge Brunschwig, le PDG de Fendi. Depuis maintenant dix ans, la griffe de mode italienne confirme la donne, chaque année à Design Miami, en soutenant la jeune garde créative. Un rendez-vous devenu incontournable pour la maison, pionnière dans ces collaborations. «J’aime voir, ici, cette globalisation de la créativité», ajoute Silvia Venturini Fendi, la directrice artistique des accessoires femme et des lignes homme qui a fait appel, cette fois-ci, à Sabine Marcelis, jeune designer néo-zélandaise aux yeux d’un bleu perçant et cheveux blond platine.

L’originalité de son projet, The Shapes of Water ? Un concept plutôt qu’une collection de mobilier. Parce que, selon Silvia Venturini Fendi, la mode est devenue une expérience où les frontières entre les différents domaines sont de plus en plus poreuses. Sans oublier que, finalement, le design et la mode partagent le même langage. Résultat, Sabine Marcelis a imaginé dix fontaines en résine moulée sur des socles de travertin où l’eau devient, soudainement, matière. «Je me souviens du moment où j’ai envoyé ma proposition, je pensais vraiment qu’ils allaient refuser cette idée, mais non, elle a été acceptée. C’est là où je me suis rendu compte de leur ouverture d’esprit.» De son côté, Silvia Fendi insiste : «Nous laissons une véritable liberté créative au designer.»

En vidéo, le défilé Fendi printemps-été 2019

Si l’artiste a vu juste en travaillant avec l’eau, cet élément non palpable, c’est surtout qu’il est évocateur de la maison. En 1977, Karl Lagerfeld avec les cinq sœurs Fendi bouscule les codes et décide de faire un court-métrage au lieu d’un défilé. Histoire d’eau montre une touriste américaine à Rome qui collectionne les eaux des fontaines romaines et les objets Fendi. Plus tard, la griffe participe même à la rénovation de la fontaine de Trevi.

Héritage et nouveau monde

Rome est pour Fendi un héritage, son histoire, son inspiration. La designer a dû très rapidement assimiler cet état de fait. «Moi qui ai grandi comme une nomade, je n’ai jamais accordé beaucoup d’importance à mon passé mais pour eux c’est essentiel, explique Sabine Marcelis. J’ai donc, peu à peu, découvert leur monde, leurs références et c’est d’ailleurs ce qui m’a poussée à utiliser du travertin.» Pour la designer, travailler aux côtés d’une grande marque n’a cependant pas été synonyme de compromis, bien au contraire. «C’est un apprentissage qui va dans les deux sens pour donner vie à un nouveau monde toujours plus enrichi.» Inconsciemment, et au premier coup d’œil, Silvia Venturini Fendi s’y est retrouvée. «C’est très important de voir comment les autres nous perçoivent, comment des artistes peuvent prendre des morceaux de notre identité et se les approprier.»

En images, un tour à la Paris Design Week

Paris Design Week

Les points «Selleria», la fourrure «Astuccio» et surtout les dégradés de couleurs… tous les codes maison sont bien présents, exprimés dans la subtilité. Pourtant passionnée par les couleurs, Sabine Marcelis n’avait jamais travaillé le marron, couleur phare de la marque. Un défi qui l’a poussée à imaginer, d’après le double F, une nouvelle palette de l’ocre au pourpre en passant par différents orangés. Les nuances sont douces, pastels, et plongent le public dans une bulle, une oasis. Plus qu’un appel à la curiosité, la designer évoque le réveil des sens en créant un espace de sérénité où le bruit de l’eau sonne comme une musique. Loin de l’agitation du salon.

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